“Revenez à moi de tout votre cœur. (Jl 2, 12)”

Édito de la lettre info de février par Mgr Guellec “Bon et saint Carême à tous”
Revenez à moi de tout votre cœur. (Jl 2, 12)
C’est la première parole que Dieu nous adresse en ce Carême par le prophète Joël. Un appel est une supplication de sa part, car le Seigneur ne veut pas que nous restions loin de lui.
Commençons donc par reconnaître notre éloignement. La distance se creuse de manière souvent imperceptible, même si elle ne nous semble pas très grande. Le risque subtil est de s’accommoder de cette distance et aussi de ne plus savoir nommer ce qui nous tient à distance, c’est-à-dire nos péchés.
Quand on vient se confesser, on ne vient pas s’excuser d’avoir mal fait telle ou telle chose, mais on vient reconnaître humblement devant Dieu que, par nos choix, nos actions, nos paroles, nous nous sommes éloignés et avons agi contre sa volonté. C’est d’abord à la lumière de la Parole du Seigneur que nous nous reconnaissons pécheurs.
Revenir vers le Seigneur, se rapprocher de Dieu, cela veut dire aussi qu’il faut regarder notre vie.
Revenir à Dieu suppose alors un exode, une sortie de soi, un changement. Commentant ce texte du prophète Joël, Saint Bernard nous interroge : « Examine ce que tu aimes, ce que tu crains, ce qui te réjouit, ce qui te contriste, car ce sont bien là les mouvements de l’affectivité, constitutifs du cœur ».
Dans l’Evangile que nous avons entendu le mercredi des Cendres, Jésus fustige le mensonge et l’hypocrisie de bien des comportements. Et quand il évoque l’aumône, la prière et le jeûne, c’est bien l’ensemble de notre existence humaine qui est récapitulée.
L’aumône, c’est-à-dire le partage, recouvre l’ensemble de notre relation aux autres. Regardons notre relation aux autres, proches ou lointains. De qui allons-nous nous rendre proches durant ces semaines ?
La prière établit notre relation à Dieu et nous fait aussi relire notre vie à la lumière de l’Evangile, à discerner ce qui nous éloigne de Dieu et des autres. Dans un monde marqué par l’immédiateté, le carême nous apprend à nous tenir dans le silence humblement devant le Seigneur.
Comment allons-nous donner un goût nouveau, vivre une intimité plus grande avec le Seigneur ? C’est bien cette relation à Dieu qui occupe la place centrale.
Dans la lettre pastorale que je vous ai adressée après le Jubilé, il y a ce paragraphe qu’écrivait le pape Jean-Paul II : Dieu nous demande une réelle collaboration à sa grâce, et il nous invite à investir toutes nos ressources d’intelligence et d’action dans notre service et la cause du Royaume. Mais prenons garde d’oublier que sans le Christ nous ne pouvons rien faire.
Par le jeûne, est envisagée notre relation aux biens, à la richesse, à la consommation. Ce temps qui s’ouvre aujourd’hui est donc l’occasion de regarder nos modes de vie, l’usage de nos biens et de notre liberté.
Le chemin vers Pâques demande que nous regardions notre vie à la lumière de ce qu’a vécu le Christ, lui qui a eu une attitude juste en toutes choses, lui qui n’a pas voulu utiliser les autres, ni son Père, pour en tirer des avantages ; lui qui a choisi librement de se mettre dans l’attitude du serviteur de la vie.
Le Carême, ces quarante jours qui représentent toute la vie humaine, nous appelle à une démarche de clarification, pour vérifier ce qui est vrai dans notre vie, et ce qui est faux, ce qui a besoin d’être ajusté, débarrassé du superflu et réorienté en Dieu.
Puissions-nous repérer ce qui nous aidera, de manière simple et réelle, à nous laisser réconcilier avec Dieu. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut. (2 Co. 6, 2).
Bon et saint Carême à tous
Mgr Alain Guellec
Évêque de Montauban

JUBILÉ 2025
TROIS ÉGLISES JUBLIAIRES
Trois églises jubilaires ont été désignées, pour permettre à l’Église locale de participer à cette Année Sainte de façon concrète !
