L’appel du mois de novembre 2021

Action des chrétiens pour l'abolition de la torture - ACAT-France

Publié le 30 octobre 2021

Au Burundi, douze défenseurs et journalistes en exil ont été injustement condamnés à des peines de prison à perpétuité. Ils ont dénoncé et documenté des violations des droits humains. Leurs peines doivent être annulées. Leurs ONG et médias doivent être réhabilités !

Dans leurs relations avec la société civile, les autorités au pouvoir au Burundi envoient des signaux contradictoires : elles lèvent certaines restrictions (fin de la suspension de l’organisation anti-corruption PARCEM et de la radio Bonesha FM) et libèrent des défenseurs et journalistes injustement emprisonnés. Mais, dans le même temps, elles poursuivent leur politique de contrôle et d’intimidation de la société civile. Les deux lois liberticides de 2018 régissant le travail des Organisations Non Gouvernementales (ONG) et des médias restent en vigueur, permettant ainsi un contrôle des activités de la société civile.

Douze défenseurs menacés

Douze défenseurs des droits humains et journalistes burundais en exil – dont Armel Niyongere, président de l’ACAT-Burundi – font encore l’objet de condamnations à des peines de prison à perpétuité. Ces douze membres de la société civile avaient dû fuir le Burundi en 2015 après avoir fait l’objet de menaces de la part du régime du président Pierre Nkurunziza, qui souhaitait briguer un troisième mandat en dépit de la limitation constitutionnelle fixée à deux mandats. La plupart des associations et médias qui faisaient un travail d’enquête, de documentation et de médiatisation des violences commises par les agents de l’État contre les dissidents se sont vu interdire d’exercer leurs activités.
C’est notamment le cas de l’ACAT-Burundi, qui a été radiée par le ministère de l’Intérieur en octobre 2016 après que ses comptes bancaires aient été fermés en novembre 2015. En janvier 2017, Armel Niyongere a été radié de l’ordre des avocats comme trois autres avocats-défenseurs des droits humains.
Ces procédures n’ont pas pu faire l’objet de contestations du fait de l’exil des douze défenseurs et journalistes qui ne pouvaient pas se défendre devant la justice de leur pays pour les délits invraisemblables pour lesquels ils étaient accusés. Aucun avocat burundais n’a accepté d’assurer leur défense par peur d’éventuelles représailles de la part du régime.

Les libertés doivent être respectées

Les autorités burundaises cherchent la normalisation. Si elles veulent atteindre cet objectif, elles doivent impérativement mettre un terme au harcèlement judiciaire dont sont victimes des défenseurs des droits humains et des journalistes burundais qui critiquent le régime. Les libertés d’expression et d’association doivent être respectées et protégées en toutes circonstances, de même que l’indépendance de la justice.

L’Acat-Burundi reçoit le prix pour les droits humains 2021 de la Fondation Acat-France

Suspendue en 2015 puis interdite un an plus tard, en octobre 2016, l’ACAT-Burundi subit la répression du régime contre les organisations de la société civile, dont l’action en faveur des droits humains est jugée criminelle. La Fondation ACAT pour la dignité humaine lui remet la 7ème édition de son Prix des droits humains Engel-du Tertre en reconnaissance de son travail.

C’est par la voix de Me Armel Niyongere, président en exil de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture du Burundi (ACAT-Burundi), que l’organisation s’exprimera à Paris devant les donateurs et les donatrices de la Fondation ACAT pour la dignité humaine qui lui remet ce Prix des droits humains. Condamné par contumace à la prison à perpétuité, Me Armel Niyongere est un témoin direct de l’hostilité des autorités burundaises à l’égard des défenseurs des droits humains sur place.

L’ACAT-Burundi est une association à but non lucratif engagée pour la défense du droit à la dignité de la personne humaine, ce qui l’a conduit à s’investir contre la torture, la peine de mort, les disparitions forcées, les conditions de détentions dégradantes ainsi que les violences sexuelles. D’abord suspendue en 2015, puis interdite fin 2016, l’ACAT-Burundi n’a aujourd’hui plus le droit d’exercer ses activités. Ses membres sont contraints à l’exil pour fuir les persécutions : condamnations à de très lourdes peines, saisie de leurs biens, ces mesures les privent de tout espoir de retour proche.

Menaces, arrestations, disparitions frappent en effet de plein fouet les défenseurs des droits dans leur travail pour promouvoir et défendre les libertés fondamentales. Meurtri par la guerre civile dans les années 1990, le pays s’est peu à peu abimé dans une répression sévère menée par le régime en place. Celle-ci s’est notamment accrue lorsque Pierre Nkurunziza, alors président de la République, a violé les accords de paix pour briguer un troisième mandat. S’en est notamment suivie la radiation de l’ACAT-Burundi ainsi que celle de nombreuses autres organisations et médias.

Face aux violations des droits humains, restées impunies, l’Union européenne avait suspendu ses appuis financiers, une sanction sur le point d’être levée. De son côté, la France a déjà repris sa coopération bilatérale avec le Burundi.

Plus que jamais, la remise du Prix à l’ACAT-Burundi souligne la nécessité pour la France de ne pas céder la diplomatie des droits humains à la realpolitik dans la région des Grands Lacs. La protection des défenseurs des droits humains exige une position intransigeante.

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Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat)

Accueil mouvement 7 Rue Georges Lardennois, Paris 01 40 40 42 43 acat@acatfrance.fr

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